Compressport Aero Speed Tapes

Compressport Aero Speed Tapes

09 octobre 2026
Grégory Julien Baron

Par Grégory Julien Baron.

Et si quelques bandes placées sur les tibias permettaient de grappiller près de 8 watts sur le vélo ? Avec ses nouvelles Aero Speed Tapes, Compressport pousse encore plus loin la logique des gains marginaux en triathlon. Une solution minimaliste développée autour de la technologie Aero.Dots et pensée pour réduire la traînée aérodynamique sans ajouter de compression.

Dans la quête de performance, les triathlètes ont depuis longtemps appris à traquer le moindre watt. Position sur le vélo, casque, roues, combinaison, chaussettes aérodynamiques : chaque détail compte.

Compressport s’intéresse désormais directement aux tibias avec une proposition pour le moins originale : les Aero Speed Tapes.

Le principe ? Quatre bandes adhésives pesant seulement 20 grammes, positionnées à l’intérieur et à l’extérieur des tibias afin de modifier l’écoulement de l’air autour des jambes.

Et derrière leur apparente simplicité se cache un véritable travail aérodynamique.

Jusqu’à 7,8 watts annoncés à 45 km/h

Compressport ne se contente pas de promettre quelques hypothétiques secondes. La marque annonce un gain pouvant atteindre 7,8 watts à 45 km/h, soit près de 8 watts, à partir de tests réalisés en soufflerie. Le fonctionnement repose sur trois rangées de Aero.Dots, ces petits reliefs déjà présents sur plusieurs produits aérodynamiques de la marque.

Leur mission est de perturber volontairement la couche d’air circulant autour de la jambe afin de mieux contrôler son décollement et de réduire la traînée aérodynamique.

Une approche qui peut sembler paradoxale : créer de petites turbulences pour aller plus vite. Pourtant, le principe est déjà largement utilisé dans le cyclisme et le triathlon moderne. À haute vitesse, quelques watts économisés peuvent finir par représenter un gain significatif sur 90 ou 180 kilomètres.

Une technologie développée avec Sam Laidlow

Pour développer les Aero Speed Tapes, Compressport s’est notamment appuyé sur Sam Laidlow, l’un des triathlètes longue distance les plus rapides de sa génération. Le Français a participé au développement du produit et l’a utilisé dans le cadre de ses performances sur longue distance. Cette collaboration s’inscrit dans une stratégie plus large de Compressport autour de l’aérodynamisme.

La marque développe désormais une véritable gamme Aero comprenant notamment combinaison de triathlon, chaussettes et manchons, avec de nombreuses heures de tests réalisées en laboratoire, en soufflerie et directement sur le terrain. Les Aero Speed Tapes représentent finalement l’expression la plus minimaliste de cette philosophie : conserver uniquement la surface aérodynamique nécessaire.

L’intérêt majeur : pouvoir les conserver pendant la natation

C’est probablement ici que le produit devient particulièrement intéressant pour les triathlètes. Les Aero Speed Tapes ne sont pas des manchons de compression. Elles peuvent donc être installées avant le départ, puis conservées pendant la natation, le vélo et la course à pied. Un avantage particulièrement intéressant lorsque la température de l’eau entraîne l’interdiction des combinaisons et de certains équipements couvrant les jambes.

Pas besoin non plus d’enfiler des manchons pendant la première transition. Les bandes sont déjà en place. Sur un Sprint, un format olympique, un 70.3 ou un Ironman, quelques secondes gagnées en transition viennent alors s’ajouter au potentiel bénéfice aérodynamique sur le vélo.

Seulement 20 grammes sur les jambes

Autre intérêt du concept : sa simplicité. Les quatre bandes affichent un poids total annoncé de seulement 20 grammes. Elles sont conçues pour épouser les tibias sans compression et sans gêner les mouvements. La composition repose sur 95 % de polyamide et 5 % d’élasthanne, tandis que la fixation utilise un adhésif acrylique hypoallergénique.

Compressport recommande une application sur une peau parfaitement propre, sèche et dégraissée afin de garantir une adhérence maximale.

Les Aero Speed Tapes sont en revanche conçues pour un usage unique. Et c’est probablement le point qui fera le plus discuter.

La course pour gagner des watts

Le prix annoncé est de 35 euros. Nous sommes clairement ici dans l’univers du gain marginal. Pour un pratiquant loisir roulant à des vitesses relativement modérées, l’intérêt restera évidemment limité. Le gain aérodynamique dépend directement de la vitesse et devient surtout pertinent lorsque celle-ci augmente.

Mais pour un triathlète visant une qualification, un podium, un record personnel ou simplement l’optimisation maximale de son matériel, la logique devient différente. À ce niveau de recherche de performance, récupérer plusieurs watts sans modifier sa position ni augmenter son effort est loin d’être anecdotique.

D’autant que Compressport annonce avoir réalisé ses mesures à 45 km/h, une vitesse cohérente avec celle rencontrée chez les meilleurs spécialistes sur les portions rapides.

Les gains marginaux poussés à l’extrême

Ces Aero Speed Tapes illustrent parfaitement l’évolution actuelle du matériel de triathlon.

Après les roues profilées, les casques aérodynamiques, les prolongateurs optimisés, les trisuits texturées et les chaussettes aero, les équipementiers s’intéressent désormais à chaque centimètre carré exposé au vent. Compressport estime d’ailleurs qu’à environ 40 km/h, la résistance aérodynamique représente plus de 80 % de la dépense énergétique à vélo.

Dès lors, travailler l’écoulement de l’air autour des jambes n’a finalement rien d’anecdotique. La question n’est donc plus vraiment de savoir si quatre bandes adhésives peuvent sembler excessives. La véritable question est plutôt : combien vaut un watt lorsque l’on cherche la performance maximale ?

Compressport Aero Speed Tapes

L’avis de PÜLS

Sur le papier, les Compressport Aero Speed Tapes constituent l’un de ces produits qui peuvent d’abord faire sourire avant de devenir beaucoup plus intéressants lorsqu’on regarde les données.

Le concept est simple, extrêmement léger et surtout peu contraignant.

L’annonce d’un gain pouvant atteindre près de 8 watts à 45 km/h reste évidemment à replacer dans les conditions spécifiques des essais en soufflerie et ne signifie pas que chaque triathlète économisera systématiquement cette puissance sur la route. Mais la démarche est cohérente avec l’évolution actuelle du triathlon de haut niveau : chercher des gains partout où ils existent.

Reste un élément que nous aimerions évidemment vérifier chez PÜLS : la différence entre la soufflerie et le terrain. Adhérence après la natation, résistance à la transpiration, confort sur plusieurs heures et surtout gain perceptible sur le vélo : voilà un produit qui mériterait clairement de passer par un véritable test longue distance.


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