Yassine Zouaoui – La tête dans le désert

Yassine Zouaoui – La tête dans le désert

16 octobre 2025
Grégory Julien Baron

Cinquième participation pour Yassine Zouaoui à l’Ultra Mirage El Djerid, l’événement mythique de Tozeur.

Après quatre éditions sur le 100 km, il a décidé cette année de s’aligner sur le 50 km. Un choix réfléchi, mais une passion inchangée.

Rencontre avec un coureur qui connaît le désert comme sa poche… ou presque.

Yassine Zouaoui :
L’Ultra Mirage, ce n’est pas juste une course. C’est une expérience complète. Le décor désertique est unique, presque irréel. On est entouré de silence, de lumière, de sable à perte de vue.
Et puis, il y a cette ambiance familiale. Chaque année, on a envie de retrouver les visages connus, les bénévoles, les coureurs, l’équipe d’organisation. C’est un peu comme revenir à la maison, sauf que la maison, c’est le désert.

Y.Z. :
Le désert, c’est un miroir. Il t’enlève tout le superflu. Il reste juste toi, ton souffle et la chaleur.
Lors de ma deuxième participation au 100 km, j’ai connu l’enfer. Je ne m’attendais pas à une telle chaleur. Je sentais mon corps brûler de l’intérieur. Ma stratégie alimentaire n’était pas bonne. Manque de sodium, et mon corps me l’a fait payer : crampes, hallucinations, pertes d’équilibre… Le désert t’apprend l’humilité, à écouter ton corps et à respecter ses limites.

Yassine Zouaoui - La tête dans le desert

Y.Z. :
Étonnamment non ! Sur le 50 km cette année, je n’en ai pas croisé.
Mais sur les éditions précédentes, surtout sur le 100 km, en fin de journée, c’est une autre histoire ! Les mouches, tu finis par les manger sans le vouloir. Elles t’énervent, mais elles te poussent à avancer plus vite. Et souvent, quand il y a des mouches, il y a des dromadaires pas loin. Quand tu croises une caravane, tu te dis que tu es vraiment au cœur du Sahara.

Y.Z. :
Ah, celle-là, je ne l’oublierai jamais.
En pleine course sur le 100 km, une envie pressante me prend. Pas le choix, je m’éloigne un peu du parcours pour être tranquille. Et là, un dromadaire débarque ! Je t’avoue que j’ai eu peur pour mes fesses. Le genre de moment où tu ris… après coup seulement !

Yassine Zouaoui - La tête dans le desert

Y.Z. :
Avant l’Ultra Mirage, j’avais couru dans le désert marocain, au Marathon des Sables. Mais là-bas, c’est par étapes. Je voulais une course d’une traite, plus brute, plus intense.
À ma première participation, je m’étais juré : « plus jamais ». Et pourtant, me voilà, cinq fois plus tard. Parce que le désert t’envoûte. Parce que l’organisation, les bénévoles, les coureurs, c’est une vraie famille.
L’ambiance, la gentillesse, la chaleur humaine… tout ça fait qu’on a juste envie de revenir. C’est comme une grande cousinade du désert qu’on attend chaque année.

Yassine Zouaoui - La tête dans le desert

Yassine Zouaoui n’est pas seulement un habitué de l’Ultra Mirage, il en est devenu l’un des visages familiers. Cinq participations, des anecdotes à la pelle et surtout un amour sincère pour cette course pas comme les autres.

Entre souffrance, partage et émerveillement, il résume parfaitement ce que beaucoup ressentent à Tozeur : le désert te vide… mais te remplit à la fois.


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